CO129-288 - Public Offices & Others - 1898 — Page 105

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peut proclamer avec assurance que, dans les conditions actuelles de la vie et surtout avec la surveillance médicale des prostituées, l'ha- manité serait facilement délivrée de ce fléau. En effet, la transmis- sion de la syphilis par l'intermédiaire de l'accident primaire est quelque chose de bien rare en comparaison du total des cas.

En quoi diffère donc la théorie moderne de la syphilis de celle que professaient les spécialistes à qui on doit la réglementation de la prostitution? Les progrès scientifiques réalisés dans l'étude de la pathologie de la syphilis permettent de considérer aujourd'hui les vérités suivantes comme établies:

1. Après l'évolution de l'alcère syphilitique primitif (chancre indare) commence la période de la maladie appelée condylomateuse [secondaire, qui dure plusieurs années (sept à dix ans). Pendant cette période, la peau et les muqueuses visibles du malade sont affectées, périodiquement et à des intervalles irréguliers, de lésions nombreuses qui se présentent sous l'aspect d'éruptions de formes diverses et d'infiltrations spécifiques. Ces manifestations ou récidives constituent ce qu'on appelle les périodes actives de la maladie. Entre les récidives s'écoulent des intervalles qu'on désigne sous le nom de périodes latentes ou intermédiaires et qui sont caractérisées par l'ab- souce de phénomènes sur les surfaces du corps qui sont accessibles aux recherches cliniques ordinaires.

11. Toutes les manifestations actives de la période condylomateuse transmettent la syphilis, et cette contagiosité des accidents secon- daires est considérée aujourd'hui comme une vérité incontestable. Au cours de cette même période, la maladie se transmet aussi par voie d'hérédité.

III. Pendant toute la période condylomateuse, le sang du sujet est contagieux et capable de communiquer la syphilis aux individus sains. Nous ferons à ce propos les remarques suivantes:

La contagiosité du sang des syphilitiques, au moment où ils présentent l'une des manifestations apparentes spéciales à la période condylomateuse, est un fait certain, prouvé par des expériences directes, et dont on ne peut donter.

2o La contagiosité du sang des syphilitiques qui se trouvent dans la période condylomateuse, sans présenter cependant aucune des manifestations activos de la maladie, est prouvée par l'observation clinique. Il n'existe toutefois pas d'expériences directes d'inocu- lation, affirmatives ou négatives, faites avec le sang de ces syphili- tiques. De nos jours, de telles expériences seraient impossibles, cela va sans dire.

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Voici néanmoins les observations cliniques par lesquelles il est prouvé que la syphilis peut être transmise aux individus sains par des malades qui ne présentent aucune des manifestations actives de la période condylomatense:

a) Des nourrices saines ont été infectées en allaitant des enfants syphilitiques qui ne présentaient aucune trace apparente de la

maladie.

6) Inversement, des nourrices qui se trouvaient dans la période latente de la syphilis, et qui n'avaient pas de manifestations actives, ont cependant coutaminé leurs nourrissons.

ej Il est prouvé que des enfants vaccinifères, sans présenter aucun phénomène morbide, communiquent souvent l'infection syphilitique à ceux qui ont été inoculés avec leur vaccin.

d) On a observé une quantité de cas où la syphilis s'est transmise par l'hérédité, alors que les parents se trouvaient dans la période latente de la syphilis au moment de la conception et pendant l'époque suivante.

e) Pendant la défloration, des femmes ont été contaminées par leurs maris qui ne présentaient à ce moment aucun signe apparent de maladie.

f) On connaît toute une série de cas où des syphilitiques, saus manifestations actives, hommes et ferroes, ont communiqué l'infec- tion pendant le coït (abstraction faite de la contagion médiate).

Tous ces faits, et bien d'autres encore de la même nature, ont amené les syphiligraphes à se faire une loi en vertu de laquelle, dans un but prophylactique, ils interdisent à tout syphilitique de se marier avec un individu sain aussi longtemps que la période condylomateuse n'est pas complètement arrivée à son terme. De même, on ne permet pas aux Bourrices qui sont dans cette période de la maladie d'allaiter des enfants non syphilitiques!

IV. Le virus syphilitique n'est pas d'une nature volatile; il se trans- met du malade au bien portant non seulement par le contact avec la surface qui présente une lésion spécifique, mais aussi par toutes les solutions de continuité qui peuvent se trouver dans l'épiderme du malade, comme une égratignure, une gerçure, une écorcliure. Cependant, pour que le virus puisse pénétrer dans l'organisme sain. il faut qu'il trouve une porte d'entrée, mais il suffit pour cela de la moindre solution de continuité dans l'épiderine.

V. Après la période condylomateuse, le syphilitique peut entrer dans la période gommeuse, dont les manifestations morbides ne sont pas contagieuses et ne sauraient donc transmettre le mal à des indi- vidus sains.

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